Lubumbashi – Du 10 au 12 novembre 2025, plus de 70 magistrats civils, officiers de police judiciaire et auxiliaires de justice ont pris part à une formation consacrée à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. La formation s’est tenue dans la salle Gloria Hinn, à Lubumbashi, à l’initiative du Parquet général près la Cour d’appel du Haut-Katanga, avec l’appui du Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCCO).

Cette formation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle intervient également à la suite des évaluations du dispositif national menées par le Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), lesquelles ont mis en évidence la nécessité de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des autorités d’enquêtes et de poursuites.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’allocution du Directeur général du FOLUCCO, Monsieur MUKOTA MUTEBA MBAYO, après l’exécution de l’hymne national. Dans son intervention, il a rappelé les missions du FOLUCCO telles que prévues par la loi n°22/068 du 27 décembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Il a souligné que le Fonds, placé sous la tutelle du ministère des Finances, a pour mission de financer la lutte contre les crimes transnationaux organisés, en particulier le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Monsieur MUKOTA MUTEBA MBAYO a insisté sur la disponibilité du FOLUCCO à accompagner les projets de formation, de renforcement des capacités et de fonctionnement des structures publiques impliquées dans la lutte contre la criminalité organisée. Il a également rappelé que l’amélioration des compétences des acteurs judiciaires constitue un levier essentiel pour la protection du système financier national et la sécurité de la population congolaise.

Sur le plan pédagogique, la formation a été articulée autour de plusieurs modules portant notamment sur les notions générales de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le cadre légal et réglementaire national et international, les typologies de blanchiment, ainsi que les techniques d’enquête et de détection des infractions. Les échanges ont mis en lumière l’évolution constante des méthodes utilisées par les réseaux criminels et la nécessité, pour les autorités judiciaires, d’adapter en permanence leurs pratiques.

Un accent particulier a été mis sur les enquêtes financières et parallèles, considérées comme indispensables dans le traitement des dossiers de blanchiment de capitaux, ainsi que sur le rôle de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) dans l’aboutissement des investigations.

La formation s’est clôturée par une conférence animée conjointement par le Directeur général du FOLUCCO, Monsieur MUKOTA MUTEBA MBAYO, et le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, Monsieur ISOFA NKANGA. Les échanges ont notamment porté sur les modalités de répartition des fonds confisqués au profit de l’État, telles que prévues par l’arrêté interministériel du 13 mars 2025.

À cette occasion, Monsieur MUKOTA MUTEBA MBAYO a rappelé que l’efficacité des dispositifs nationaux de lutte contre le blanchiment de capitaux se mesure notamment à travers les résultats concrets en matière de confiscation des avoirs illicites, soulignant qu’il ne peut y avoir de lutte crédible sans confiscation effective.

De son côté, Monsieur ISOFA NKANGA a partagé son expérience dans le traitement des dossiers de criminalité financière. Il a insisté sur la sensibilité de ces procédures, la nécessité de leur célérité, l’importance des enquêtes financières parallèles, ainsi que sur les innovations introduites par la loi, notamment la confiscation des avoirs sans condamnation pénale, désormais considérée comme une mesure de sûreté.

À l’issue des travaux, plusieurs participants ont salué la pertinence de la formation tout en recommandant un allongement de sa durée, estimant que la densité de la matière nécessite un approfondissement plus poussé. Des améliorations organisationnelles et logistiques ont également été suggérées en vue des prochaines sessions.

Cette formation marque une étape importante dans le renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et illustre la volonté des autorités congolaises de consolider l’efficacité de leurs institutions face aux défis croissants de la criminalité financière.

PREMIER JOUR DE FORMATION

TROISIÈME JOUR DE FORMATION

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *